Mode
Le goût du moche : une philosophie
Alice Pfeiffer en 2021. © Léon Prost/Flammarion
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Dans Le Goût du moche (Flammarion, 2021), la journaliste de mode iconoclaste Alice Pfeiffer révèle les beautés du kitsch et de la faute de goût. Une enquête esthétique et sociologique qui, en matière de mode, nous invite à nous méfier de notre obsession pour le beau, parfois si fade.
Le moche est tendre comme un enfant
« Le goût du moche » nous invite à renouer avec la gourmandise esthétique d’un enfant. Qui n’a jamais éprouvé une fascination juvénile devant des bibelots de brocante en forme « d’angelots potelés » ou « de chatons larmoyants » ? Lorsqu’âgée de six ans, Alice Pfeiffer contemplait ces figurines dans la vitrine de sa tante, elle y voyait « le Louvre à domicile. » Car pour l’enfant, le fluorescent, le (beaucoup trop) coloré ou le brillant à l’excès ne sont jamais des fautes de goût. L’appréciation – plus sophistiquée ou, au choix, conformiste – des formes épurées et des couleurs unies vient (ou pas…) en grandissant. Alice Pfeiffer porte un coup d’arrêt à cet ascétisme esthétique et revient à l’enfance qui, en l’absence d’éducation au beau, aime le kitsch, soit ce qui est justement fait pour facilement attirer l’oeil.