Les notions

La conscience

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La conscience désigne originellement un savoir partagé (cum : avec et scire : savoir) : c’est une connaissance qui accompagne celui qui pense. On distingue alors la conscience spontanée ou immédiate, tournée vers le monde extérieur, et la conscience réfléchie où le moi fait retour sur lui-même. Avec les philosophies modernes de la conscience (ou du sujet), qui naissent au XVIIe siècle avec Descartes, le savoir sera désormais recentré sur l’homme, ses facultés de penser, sa quête d’identité. La conscience a aussi un sens moral : elle est alors ce par quoi le sujet peut distinguer le Bien et le Mal. On dira par exemple qu’on agit en conscience ou alors qu’on a mauvaise conscience suite à une faute commise. La source de cette conscience morale peut être le cœur (chez Rousseau) ou la raison (Kant). La conscience collective désigne la conscience du groupe qui déborde la somme des consciences individuelles.

Exemples

Le prince et le savetier 

Le philosophe anglais John Locke pose l’énigme suivante : si on transplante la mémoire d’un prince dans le corps d’un savetier reste-t-il le prince qu’il se souvient avoir été ou devient-il le savetier observé par les autres ? Il s’agit là de la première formulation du problème de l’identité. Pour Locke,

« la conscience fait l’identité personnelle ». Autrement dit, l’identité s’étend jusqu’aux limites de ma mémoire, mais pas au-delà. L’identité réelle ne dépend pas pour l’empiriste anglais d’une « substance » mais du seul témoignage de ma conscience, c’est-à-dire de l’expérience invérifiable que j’ai de moi-même.

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