Au fil des âges

Signes extérieurs de jeunesse

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Faire ou ne pas faire son âge ? Telle est désormais la question. Alors que nos enfants cherchent à être des jeunes de plus en plus tôt, nos vieux espèrent le rester de plus en plus tard.

Tout se passe comme si chacun visait la « jeunesse tout au long de la vie », avec cet effet collatéral – est-il dommageable ou bénéfique ? – d’une déconnexion entre l’âge et l’identité. Jadis, l’identité n’était pas une question ni même un débat, mais d’abord une réponse : on était de sa communauté, de sa famille, de son sexe, de son âge. Les cercles concentriques de ces appartenances restreignaient le problème de l’identité personnelle et lui ôtaient sa part la plus incertaine. En même temps, l’originalité ne pouvait s’exercer que dans les limites de ce cadre. Si, de nos jours, l’identité – et pas seulement personnelle ! – fait autant problème, c’est que ces cercles ne vont plus de soi. La communauté, la famille, le sexe et l’âge ont cessé de désigner des rôles tout faits pour offrir autant de « figures libres » auxquelles l’individu peut adhérer à son gré et à sa manière. Cette formidable liberté a ouvert du même coup l’angoissant abîme de l’identité : au fond, qui suis-je ?

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