Un classique éclaire le présent

Sublimez l’épreuve de la chaleur avec Céline et Camus

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Sublimez l’épreuve de la chaleur avec Céline et Camus

© Raja Tilkian/Unsplash

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La Chaleur. Pour Céline, c’est un cauchemar, un brasier infernal. Pour Camus, c’est une expérience délicieuse faite d’ombre, de lumière et de silence. Le Voyage au bout de la nuit (1932) du premier et les Noces (1938) du second dévoilent la beauté tragique et sublime du soleil de plomb. Que vous soyez célinien ou camusien, prenez votre brumisateur, activez votre ventilateur et laissez vous dériver en plein cœur de l’été littéraire.

Céline et son voyage au bout de l’été

Si vous avez vraiment du mal à supporter la chaleur, ne lisez pas Voyage au bout de la nuit. Ou passez au moins le moment du périple africain du héros, Bardamu. Mais si dans un élan de témérité, vous le lisez quand même, prenez-le comme une épreuve du feu : une manière d’expérimenter ce qu’il y a de plus violent dans la chaleur, non pas par vous-même, mais à travers un personnage suant et suffoquant dans le brasier infernal de la colonie (fictive) « de la Bambola-Bragamance ».

La chaleur transforme le réel. Bardamu, le héros du Voyage – ancien soldat de 1914-18 débarqué malgré lui dans une colonie africaine – découvre que sous le soleil de plomb, les objets habituels n’ont plus la même couleur, la même consistance, ni la même odeur. Il nous met en garde : « Elles sont en ébullition les couleurs et les choses. Une petite boîte de sardines ouverte en plein midi sur la chaussée projette tant de reflets divers qu’elle prend pour les yeux l’importance d’un accident. Faut faire attention. » C’est le premier effet de la chaleur : elle modifie les perceptions et transforme la banalité du quotidien en un monde accidenté et trompeur. Sous le soleil cuisant, le réel se distingue à peine de son ombre et de ses mirages de fumées. C’est ce qui le rend à la fois esthétique… et terrifiant.

Car la chaleur tue. Et mourir de chaud, ce n’est pas comme mourir « tout court ». Il y a dans ce brasier célinien une certaine manière de disparaître... par un effet de dissolution. Si l’on en croit Bardamu, c’est horrible et terriblement rapide : 

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Mais Camus et Céline sont loin d’être les seuls à s’exprimer au sujet de l’été…
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