Mythologie

Succès du “tasty crousty” : pourquoi raffole-t-on du croustillant ?

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Succès du “tasty crousty” : pourquoi raffole-t-on du croustillant ?

© Mahbod Akhzami/ Unsplash

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Le succès retentissant du plat au poulet baptisé « tasty crousty » incarne une nouvelle gourmandise : et si le vrai plaisir n’était plus dans le fondant et dans le moelleux, mais dans ce qui croustille ? Explications gourmandes avec Barthes, Brillat-Savarin ou encore Balzac…


Du bun à burger bien mou au bao tout rebondi, cela fait longtemps que la street food réconfortante, dodue et moelleuse comme un coussin, a pignon sur rue. Mais un autre genre de texture culinaire gagne du terrain : le croustillant. Cette petite révolution gastronomique a grandement été accélérée par le succès retentissant du célèbre « tasty crousty » popularisé par la chaîne de restauration du même nom, spécialisée dans ce plat composé de bâtonnets de poulets frits posés sur une couche de riz et accompagnés d’une sauce aigre-douce, qui fait fureur sur TikTok et chez les adolescents. Depuis, les restaurateurs ajoutent le plat « crousty » et d’autres déclinaisons croustillantes à leur carte, au point parfois de renommer leur restaurant : Crousty Time, 100% Crousty et autres Crousty Factory peuplent désormais le paysage de la restauration rapide. 

Pas fait pour être parfait

Ce n’est pas un hasard si « crousty », diminutif de croustillant, est à lui seul devenu une marque appétissante et très lucrative. À l’inverse du mou souvent homogène, le croustillant, sous forme d’oignons frits ou de chips de parmesan, donne du relief au plat. Sur le plan esthétique, il se démarque par ses angles pointus, voire un peu tranchants. 

Ce croustillant au caractère affirmé s’oppose aussi au neutre, à la platitude, voire au désir de perfection. Il se distingue notamment de la recherche de brillance et de netteté, propre aux « nappages » impeccablement « lisses […] des sauces crème, des fondants et des gelées » décrits par Roland Barthes dans ses Mythologies (1957). À l’inverse de ses « sédiments » uniformes, le croustillant n’est pas fait pour être parfait : ses éclats et ses fragments dépassent de la sauce, créant de savoureuses irrégularités. Le croustillant, notamment quand il prend la forme de miette d’aliments frits (comme le guanciale ou la poitrine fumée dans les pâtes all’amatriciana), fonctionne comme une cerise sur le gâteau, mais en version salée. Il ne constitue pas l’entièreté du plat mais contribue à lui donner son relief. 

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