Hors-série "S'initier à la philosophie"

Trois clefs pour déconstruire

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Il est toujours utile de chatouiller les grandes théories, même celles auxquelles vous adhérez parfaitement a priori. Quelques exemples « poil à gratter » bien choisis pour vérifier si elles ne sont pas, légèrement ou non, bancales.

 

Pousser une thèse dans ses retranchements


Suivre un maître, c’est le suivre jusqu’au bout, jusque dans les derniers retranchements de la pensée. Vous ne placeriez pas votre vie sous l’égide d’un incohérent ! Il faut donc envisager les implications les plus extrêmes de ses thèses, y compris celles auxquelles, peut-être, il n’avait pas songé.

Un exemple avec Jérémy Bentham, qui défend en morale une approche nommée « conséquentialisme ». Dans cette approche, aucune action n’est morale en elle-même, mais seulement par l’utilité de ses conséquences. Elle est morale si elle conduit au « plus grand bonheur du plus grand nombre ». Adoptant ce point de vue, irez-vous jusqu’à dire qu’il est légitime de...
 

... supprimer un criminel pour sauver un innocent ?

Piste : le meurtre n’est-il pas un interdit absolu, comme le dit le Décalogue et comme le dira encore Levinas ? Mais quid d’un adolescent qui tue son père pour sauver sa mère ?
 

... tuer un vieillard pour sauver un nouveau-né ?

Piste : en Occident, cela va de soi, la vie en devenir de l’enfant a plus de valeur. Mais en Asie, c’est plutôt le contraire (voir les résultats à travers le monde de la « Moral Machine experiment »).
 

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