Science / Éthique

Trois parents et un couffin

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Trois parents et un couffin

(cc) Unsplash / Amanda Jordan

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Cet article est issu du numéro 88 de Philosophie magazine « Où avez-vous la tête ? », en kiosque le 26 mars 2015. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

[Actualisation : Le premier bébé conçu grâce à cette technique est né en avril dernier, a annoncé l’American Society for Reproductive Medicine, mardi 27 septembre 2016] La Grande-Bretagne est le premier pays au monde à autoriser la conception d’enfants « à trois parents ». Si cette technique de fécondation in vitro permet de lutter contre la transmission de maladies génétiques, elle soulève aussi des interrogations éthiques.

 

Avancée scientifique ou dérapage éthique ? Le 24 février dernier, les députés britanniques ont autorisé la conception de bébés à partir de trois ADN différents. Cette méthode de fécondation in vitro réservée aux femmes présentant une anomalie sur leurs mitochondries permet d’éviter de graves maladies. La mitochondrie est une structure contenue dans le cytoplasme des cellules (entre la membrane et le noyau) jouant le rôle de moteur dans le métabolisme cellulaire. Lorsque ces « centrales énergétiques » présentent un défaut, le développement de l’embryon est compromis, entraînant des risques de myopathie, de cécité, d’atrophie musculaire… L’opération consiste donc à transférer le noyau de l’ovule maternel pour le placer dans l’ovule d’une donneuse aux mitochondries saines. D’où l’appellation « bébé à trois parents ». Quelle sera son identité ? Il possédera a priori tous les caractères de ses parents car le noyau de la cellule, contenant 99,99 % de l’ADN transmis à l’enfant, est conservé. Les mitochondries véhiculent en comparaison peu d’information : moins de 1 % du génome. S’il existe donc bien trois géniteurs, leur importance n’est pas égale : osons une comparaison et imaginons une voiture dont seul le carburateur serait changé, sans toucher à la carrosserie. Mieux, un médecin américain propose une autre analogie : pensons ce « remplacement mitochondrial » sur le modèle du don d’organe. Dira-t-on de celui qui reçoit une greffe qu’il est constitué de deux personnes ? Non, assurément.

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