Tunisie. Tasfi’h
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Cet article est issu du numéro 89 de Philosophie magazine « Peut-on être heureux sans travailler ? », en kiosque le 23 avril 2015. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Ce rite en vigueur dans une société très paternaliste permettrait de « blinder » la virginité des jeunes filles.
Ce fut une grande fête ! La femme était belle, issue d’une grande famille ; l’homme honnête, travailleur, gérant d’une supérette. Vers minuit, ils ont pris la voiture pour passer leur nuit de noces au Palace. Mais une fois les jeunes époux seuls, le sexe du mari était resté flaccide. La fête ? L’émotion ? Rien à faire. Le mari restait pendant, « comme un fil ». Si tu n’as pu me déflorer, dit l’épousée à son époux, c’est que je suis msaf’ha, « fermée », « blindée ». Au bout d’une semaine, la situation ne s’améliorant guère, les vieilles rapportèrent du village des éléments du métier à tisser, et surtout le fil de lisse, constitué de nœuds.