Cinéma

“Un métier sérieux”, un film qui prend (enfin) les profs au sérieux

Temps de lecture : 4 min

Adèle Exarchopoulos, Vincent Lacoste, Louise Bourgoin et William Lebghil, dans “Un métier sérieux” (Thomas Lilti, 2023)

Adèle Exarchopoulos, Vincent Lacoste, Louise Bourgoin et William Lebghil, dans “Un métier sérieux” (Thomas Lilti, 2023). © Rémy Grandroques/Les Films du Parc

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Être sérieux, c’est d’abord « prendre au sérieux », dit Jankélévitch. C’est ce que fait Thomas Lilti dans Un métier sérieux (2023), en nous immergeant avec rigueur, finesse et honnêteté dans le quotidien des professeurs d’un collège de banlieue parisienne.


 

Loin du charisme enlevé d’un Mads Mikkelsen dans Drunk (Thomas Vinterberg, 2021), de la folle terreur d’une Isabelle Adjani dans La Journée de la jupe (Jean-Paul Lilienfeld, 2009), ou du délire d’un Jürgen Vogel dans La Vague, (Dennis Gansel, 2008), Un métier sérieux nous donne à voir la vraie vie des profs, sans fioriture, sans coups de théâtre… et sans mort à la fin.

Et pourtant. Depuis Le Cercle des poètes disparus (Peter Weir, 1989), on se serait presque habitué à voir ce métier réduit à la figure unique et tutélaire d’un maître/gourou à la fois brillant et complètement fêlé. À rebours de ces clichés, le réalisateur Thomas Lilti choisit de montrer différents types de professeurs de la vie de tous les jours. Ce choix éclaire plusieurs moments de la carrière d’un enseignant : du contractuel qui cherche ses marques (Vincent Lacoste), au presque-retraité craignant d’ennuyer ses élèves (François Cluzet) en passant par la jeune prof pleine d’idées qui prend un réel plaisir à enseigner (Adèle Exarchopoulos).

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Un film sérieux au service d’un métier sérieux