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Un monde en révolte

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Un monde en révolte

© Laurent Parienty pour PM

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Cet article est issu du numéro 18 de Philosophie magazine « 18 - avril 2008 », en kiosque le 27 mars 2008. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Dès 1964, une vague contestataire se prépare un peu partout et gagne notamment les États-Unis, l’Allemagne, l’Italie et le Japon. De ces mouvements, naissent une génération et un monde neufs.

Michael  Rossman/ États-Unis

Militant politique et défenseur de la contre-culture, il est l’un des organisateurs du Free Speech Movement (FSM) à l’université de Berkeley, en 1964. Longtemps professeur de sciences à l’école primaire, il dirige toutes les commémorations du FSM. Il est l’auteur de plusieurs livres en anglais sur la contre-culture et les années 1960, dont The Wedding Within the War (Doubleday & Co, 1971) et New Age Blues (Heyday Books, 1984).

Aux États-Unis, le mouvement de contestation que vous désignez en Europe par l’année « 1968 » renvoie à une période beaucoup plus étendue. Dès 1964, tous les courants du mouvement américain s’étaient déjà développés : la protestation contre la guerre du Viêtnam, la révolte des Noirs, la contestation sur les campus, la contre-culture hippie et le nouveau féminisme. En 1964, alors étudiant en mathématiques, j’ai participé, à l’université de Berkeley, à la création du Free Speech Movement (FSM), le « mouvement pour la liberté d’expression », qui a été le précurseur de la contestation étudiante des années 1960 et qui réclamait le droit de mener des activités politiques sur le campus. Si bien que, pour nous, les manifestations mondiales qui ont eu lieu en 1968 sont apparues comme l’extension spontanée de cette impulsion première qui se propageait aux États-Unis depuis déjà près d’une décennie. « 1968 » ne représente donc en rien une « révolution » : ce sont les années 1960 au sens large (1958-1972) qui furent l’épicentre d’une révolution culturelle dont l’impact est significatif aujourd’hui. Bien sûr, ces années-là furent celles du « sexe, drogues et rock’n’roll », mais ce qui était au cœur de la contre-culture était bel et bien une révolution spirituelle. Toute une jeunesse éduquée osait décréter la possibilité d’une nouvelle culture, d’une nouvelle famille, d’une nouvelle communauté, d’une reconnexion de l’être humain à la terre, et proclamait sa foi dans la paix, la nature, la sexualité, l’usage positif de drogues psychoactives… Et même si 1968 s’est achevée avec la victoire de Richard Nixon à l’élection présidentielle – symbole du rejet par la société dominante de sa jeunesse et de l’impulsion de changement qui se propageait à travers elle –, notre génération a revitalisé et élargi la conscience politique, culturelle, écologique et sociale des citoyens. L’esprit des années 1960 est toujours vivant et pertinent : il est dans tous ces mouvements avant-gardistes écologistes ou de défense des droits civiques qui se multiplient ces dernières années aux Etats-Unis.

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