Politique / Iran

La révolte iranienne est-elle marxiste ?

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Révolte-Iran

Manifestation contre le gouvernement iranien à Karaj le 31 décembre 2017 (cc) Wikimedia Commons

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Cet article est issu du numéro 116 de Philosophie magazine « Peut-on désirer sans dominer ? », en kiosque le 11 janvier 2018. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

La vague de contestation qui a saisi l’Iran fin décembre est très différente de la révolution religieuse de 1979 et de la révolte démocratique de 2009. Signe-t-elle la revanche du matérialisme, dans un pays où le spirituel est devenu un dogme ?

En quarante ans, l’Iran aura connu trois vagues de soulèvement populaire. Et chacune d’entre elles est d’un type particulier. La première, celle qui a démis le Shah, en 1978-1979, est la plus singulière. Michel Foucault, qui effectue deux visites en Iran à cette période, le perçoit fort bien. Cette révolution ne correspond pas à un schéma marxiste. Il ne s’agit pas d’une révolte des classes dominées, dirigées par une avant-garde du prolétariat, contre la classe capitaliste, au nom d’une aspiration à la prospérité sociale. Le philosophe considère que le chiisme, cet islam eschatologique et sacrificiel, constitue le « vrai principe de la conscience nationale » (Dits et Écrits). Loin de représenter l’opium du peuple, la religion joue même ici, selon Foucault, un rôle émancipateur. Le penseur de la marge aime y voir le retour d’une « spiritualité politique » dissipée en Occident. Aveugle sur les intentions des mollahs, il comprend que cette révolution religieuse marque une nette rupture dans l’histoire contemporaine. Elle inaugure la période, déjà postcommuniste, des identités religieuses.

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