Un paradis pavé de bonnes intentions? La conclusion d’Adrien Barton
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Cet article est issu du numéro 95 de Philosophie magazine « La nature a-t-elle toujours raison ? », en kiosque le 03 décembre 2015. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Alors, ces petits coups de pouce constituent-ils la voie de la rédemption ou sont-ils l’instrument du diable ? Les quelques exemples que nous venons d’illustrer montrent que les nudges peuvent viser à œuvrer à notre propre bien-être – auquel cas on peut les qualifier de paternalistes libertariens – ou à un bien collectif (tel que l’environnement). Les seconds semblent moins problématiques : après tout, on a fréquemment recours à des mesures encore plus coercitives (taxes, obligations ou interdictions) pour défendre ce type de biens collectifs. Les nudges forment dans ce cas un outil potentiellement efficace au sein d’un panel plus large à la disposition des institutions. En revanche, lorsqu’une institution utilise les nudges pour œuvrer à notre bien-être, elle a la tâche difficile de justifier qu’ils permettent effectivement de respecter les préférences authentiques de la plupart des individus.