Une terre de récits
Cet article est réservé aux abonnés.
Cet article est issu du numéro 67 de Philosophie magazine « 67 - mars 2013 », en kiosque le 21 janvier 2013. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
« Se hâter est le plus sûr moyen de ne pas arriver et seuls les fuyards sont pressés. Nous avons entrepris nos voyages à travers l’Argentine et le Chili en nous donnant cet adage patagon en guise de ligne de conduite. Partis à trois reprises en quinze ans, sans limite de temps, nous allions de San Carlos de Bariloche, sur la côte pacifique, vers le sud du 42e parallèle. De déserts verts, des steppes clairsemées, nous cheminions sans but ni boussole, entre terre et ciel – un ciel toujours bas – cernés par l’océan Pacifique d’un côté, par l’Atlantique de l’autre, avec pour horizon la cordillère au loin, aux versants couverts de fleurs et d’herbes magiques, tapissée de forêt impénétrables. Progressant dans ce territoire mythique aux airs tolkiéniens, nous prenions le temps d’écouter chaque histoire, car les Patagons conservent un amour du récit très vivace. Il définit leur rapport au temps.