La notion
“Universalisme proportionné”
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Cet article est issu du numéro 150 de Philosophie magazine « Pourquoi on s’énerve ? », en kiosque le 03 juin 2021. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
« Nous sommes en guerre », déclarait Emmanuel Macron au début de la crise sanitaire. Les mesures de lutte contre la pandémie ont été en effet jusqu’ici à l’image de ce slogan : un combat « covido-centré » au moyen d’un arsenal de mesures qui oublient de considérer « la santé dans toutes ses dimensions » : économique (la paupérisation), géographique (l’inégalité d’accès aux soins), psychologique et sociale (la détresse de l’isolement). C’est cette stratégie que dénonce une tribune, parue dans Le Monde en mai. Les signataires, dont la philosophe Cynthia Fleury, défendent l’idée d’un « universalisme proportionné » qui « inclut des mesures de protection adaptées aux vulnérabilités, aux besoins et aux capacités, aux professions ou encore aux lieux de vie ». Une équité qui donne à chacun selon ses besoins plutôt qu’une égalité stricte. Cette idée a été théorisée dès 2010 par l’épidémiologiste anglais Michael Marmot. Selon lui, si adopter des mesures identiques pour tout le monde est inefficace et accentue les inégalités, en revanche, « se concentrer uniquement sur les plus défavorisés […] ne s’attaquera qu’à une petite partie du problème ». La santé publique tient donc à ce dosage complexe entre approches universelles et ciblées.