Les notions

La perception

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Rassurez-vous : il s’agit bien d’une notion philosophique, pas d’une intrusion du Trésor public dans votre programme. La perception désigne la fonction par laquelle nous nous formons une représentation sensible des objets extérieurs. Elle n’est pas la sensation (impression directe sur les sens), ni l’imagination (par laquelle nous (re)composons nos sensations). Dans la perception, la réceptivité d’un donné extérieur et l’activité mentale sont articulées l’une à l’autre. Expliquer comment n’est pas facile, notamment parce que l’interprétation et le langage jouent ici un rôle non négligeable : le sujet percevant a en effet son histoire et sa culture, qui affectent sa perception des choses. C’est pourquoi il n’y a probablement pas de « perception pure » ou objective. Attention : on parle d’aperception (mot inventé par Leibniz) pour désigner la conscience de soi, l’activité réflexive qui ne dépend pas des données extérieures issues de la sensation.

Exemples

Le problème de Molyneux

Un aveugle de naissance qui retrouverait la vue saurait-il distinguer, sans les toucher, une sphère d’un cube ? Tel est le problème posé par le savant irlandais William Molyneux au philosophe anglais John Locke. Les empiristes répondent, comme Locke, que seule l’expérience permettrait à l’aveugle de distinguer les deux solides, et les idéalistes, comme Leibniz, qu’une connaissance bien maîtrisée des définitions de la sphère et du cube suffirait pour que l’aveugle guéri les distingue sans les toucher. L’origine de la perception est donc controversée.

La Sonate à Kreutzer

Cette nouvelle de Tolstoï raconte l’histoire d’un drame de la jalousie :  Pozdnychev tue sa femme, soupçonnée d’avoir une liaison avec le violoniste qu’elle accompagne au piano. Le crime a lieu au moment où les deux musiciens jouent le premier presto de La Sonate à Kreutzer de Beethoven. Le mari se sent ensorcelé par la musique qui exerce sur lui une action « redoutable », qui « exaspère » son âme au lieu de « l’élever ». Ainsi la perception n’est-elle pas toujours sous le contrôle de la raison : elle peut être la source d’une dangereuse aliénation.

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