Analyse
Énergie verte : une question de perception ?
La centrale nucléaire EDF de Cattenom (Moselle), 17 mars 2021. © Le Républicain Lorrain/Julio Pelaez/Maxppp
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Le Centre commun de recherche, qui conseille la Commission européenne sur les questions environnementales, vient d’émettre l’idée a priori contre-intuitive d’accorder l’étiquette verte au nucléaire. Une décision qui choque, tant la symbolique du « vert » est (sur)chargée de sens. Voire d’idéologies, signale le célèbre historien spécialiste des couleurs Michel Pastoureau.
Encore divisés sur la question l’an dernier, les scientifiques de la Commission européenne se sont accordés sur le degré de dangerosité du nucléaire pour l’environnement. S’il était déjà établi, pour Bruxelles, que le nucléaire produit de faibles émissions de CO2, c’est la question de l’impact environnemental des déchets qui leur posait encore problème (ceux-ci pouvant demeurer radioactifs « des centaines de milliers d’années, léguant un héritage empoisonné aux générations futures », avertit Greenpeace sur son site internet).
Or, le dernier rapport commandé par la Commission européenne considère désormais que l’enfouissement des déchets nucléaires en couche géologique profonde est « approprié et sûr », prenant l’exemple de la France et de la Finlande, qui sont à un stade avancé de la mise en œuvre de tels sites. Et recommande donc d’accorder l’étiquette verte à l’énergie nucléaire. Un choix qui peut paraître déplacé – voire carrément choquant – alors que nous commémorons cette année les dix ans de Fukushima, plus grand accident nucléaire depuis Tchernobyl. Cette catastrophe nous rappelle que, même si nos technologies d’enfouissement des déchets radioactifs sont suffisamment développées, un accident nucléaire causé par une catastrophe naturelle ou une attaque militaire cause des dégâts inimaginables.