“Cabarets” : du “Chat noir” aux soirées Bas Nylon, saisir l’esprit (canaille) des lieux

Une recension de Victorine de Oliveira, publié le

Le cabaret est de ces lieux qui titillent l’imaginaire, évoquant strass, paillettes et léger parfum d’interdit. Mais dès qu’il s’agit de le définir pour de bon : oups ! ça coince. C’est qu’il relève plutôt de l’atmosphère, de l’esprit canaille et débraillé, que de l’objet figé identifiable. Cette insaisissabilité est sans doute ce qui fait tout son charme : on sait qu’on en ressort des étoiles plein les yeux, la démarche plus ou moins assurée, mais on n’est jamais bien sûr de ce qu’on va y trouver. C’est ce paradoxe qui intéresse la documentariste Céline du Chéné, qui avait d’abord consacré au sujet une passionnante LSD (La Série documentaire) sur France Culture en octobre 2024, avant de lui dédier ce beau livre illustré. Débit de boissons ? Salle de spectacle ? Repaire d’artistes ? Lieu interlope ? Nid à scandales ? Le cabaret est tout cela à la fois. Il a certes gagné ses galons dans le Montmartre du XIXe siècle, mais le terme remonte au XIVe siècle et désigne à l’origine une auberge modeste qui offre à boire et manger – mais pas de spectacle. S’il y a de la musique, c’est parce que les clients poussent la chansonnette entre deux bocks.

Cet article est réservé aux abonnés
Sur le même sujet
Le fil
3 min
Victorine de Oliveira

« Une des photos que je préfère parmi celles du livre Pigalle (La Manufacture de livres, 2020) du photographe récemment décédé Yan Morvan concentre tout…

Bataille au cabaret

Le fil
3 min
Michel Eltchaninoff

« Hier, j’ai suivi la soirée électorale devant la télévision russe. À 21 heures piles (19h à Paris), j’étais prêt à regarder, en me rongeant les ongles, l…

Une soirée électorale en Russie

Le fil
4 min
Victorine de Oliveira

« C’est d’abord un rythme installé, caressé même, aux cymbales de la batterie. Puis une guitare funk sautillante entre en scène, soutenue quelques mesures…

L’éternel retour de la soirée disco