Engagements et déchirements, les intellectuels

Une recension de Catherine Portevin, publié le

La guerre d’Algérie fut la première guerre où les mots pesèrent. Dans les revues et les journaux s’affrontèrent nombre d’intellectuels pas encore nommés « médiatiques » : Sartre, Vidal-Naquet, Camus, Jeanson, Mauriac, Soustelle, Paulhan, Domenach… Lire la guerre d’Algérie par ces débats d’idées ressemble donc à une archéologie de la vie intellectuelle d’aujourd’hui. Où les lignes de partage transcendent le clivage gauche/droite. Où l’engagement des intellectuels fut loin de se réduire au Manifeste des 121 (publié d’ailleurs tardivement, en 1960), qui réclamait le droit à l’insoumission. Voir, par exemple, cette lettre inquiète de Kateb Yacine à Albert Camus en 1957, qu’il sent s’éloigner : « Exilés du même royaume nous voici comme deux frères ennemis […]. Irons-nous ensemble apaiser le spectre de la discorde, ou bien est-il trop tard ? »

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