Octobre 2026
Philosophie Magazine #203
Non, il ne s’agit pas de Rita Hayworth dans la scène du labyrinthe aux miroirs de La Dame de Shanghai mais de la silhouette de Gilles Deleuze, chapeau sombre et pardessus clair, multiplié à l’infini par un subtil jeu de reflets. Cette photographie en noir et blanc représentant le philosophe orne la couverture du livre collectif publié par les éditions des Cahiers du cinéma, dirigé par François Dosse et Jean-Michel Frodon, Gilles Deleuze et les images. Quelle meilleure figure que le reflet pour mettre en relation la pensée et l’image, la réflexion et le septième art, forme pensée, pensée formée ? De ses liens avec le critique André Bazin à l’insolite analogie qu’il a proposée entre table des catégories et table de montage ; de la place du cliché, cette image impensée, dans sa philosophie à la rupture problématique entre l’image-mouvement et l’image-temps (lire aussi page 84), en passant par un dialogue entre les cinéastes Pascal Bonitzer et André Téchiné, évoquant ce que les personnages de Ma saison préférée doivent à Deleuze, l’ouvrage se situe de part et d’autre du miroir, comme le révèle son architecture symétrique, « La philosophie à l’épreuve du cinéma » et « Le cinéma à l’épreuve de la philosophie ». Deleuze a toujours tenu à séparer les deux champs, cette distinction étant « indispensable à la construction d’échanges féconds entre les deux domaines ». Il a refusé que la pensée se fige dans ses images, ses clichés, autant qu’il a refusé que le cinéma représente la pensée, soit instrumentalisé par elle. Sa remarque persifleuse « La catastrophe serait de dire : “Kant et Ozu, c’est la même chose”… » n’est-elle pas ici rappelée ?
Quand le philosophe Gilles A. Tiberghien et le jardinier-paysagiste Gilles Clément dialoguent sur les jardins, ils vantent tout autant le concept…
Il n'est pas indispensable d'être philosophe pour devenir jardinier, ni d'être jardinier pour devenir philosophe, mais la tradition philosophique a…
Auteur d’une web-série philosophique intitulée l’“Affaire Gilles Deleuze”, Daniel Adjerad revient sur ce projet en forme d’hommage au philosophe. …
Il est autant de mondes différents que d’êtres vivants. C’est du moins ce qu’affirme le philosophe en essayant d’imaginer la vie d’une tique.
Historien original de la philosophie, ce dynamiteur de la pensée contemporaine n’a cessé de suivre de stimulantes lignes de fuite.
L’extrait de Gilles Deleuze « Un livre n’a pas d’objet ni de sujet, il est fait de matières diversement formées, de dates et de vitesses très différentes. Dès qu’on attribue le livre à un sujet, on néglige ce travail des matières, et l…
Lire Mille Plateaux, c’est comme se promener dans le maquis corse. La première fois, on se perd. La seconde aussi. Mais parfois, égratigné, suant, maugréant, maudissant, au détour d’un sentier, drapé dans les parfums du ciste, du myrte et…
Si l’erreur n’est pas condamnable, la bêtise, signe d’une inaptitude à appréhender un problème, est l’adversaire à combattre. La bonne nouvelle, c’est qu’elle est aussi le meilleur stimuli pour la pensée.