L'Abécédaire de Gilles Deleuze

Une recension de Géraldine Mosna-Savoye, publié le

En 1988, lorsqu’il enregistre son Abécédaire, Gilles Deleuze est déjà le philosophe reconnu de L’Anti-Œdipe (coécrit avec Félix Guattari), de Mille Plateaux, ou, sur le cinéma, de L’Image-mouvement et de L’Image-temps. Mais il faudra attendre 1996, quelques mois après sa disparition (seule condition de Deleuze à la diffusion de ce film) pour découvrir ces huit heures d’un alphabet philosophique spontané et pédagogique. Huit heures d’une parole articulée aux exemples et aux questions, au gré desquels Deleuze nous laisse entrer dans les plis de son système. De A comme Animal, où il énumère son bestiaire peuplé de tiques et de poux, à Z comme Zigzag, qui révèle tout son amour pour les bifurcations, sans oublier le M comme Maladies ou le T comme Tennis, chaque lettre est l’occasion d’une création en acte de concepts. Car, tel que le dit Deleuze à la lettre L pour Littérature, et comme il l’a toujours pratiqué dans sa philosophie : « le concept n’existe jamais seul ». Il se fabrique ici, sous la sollicitation de Claire Parnet, entre légèreté de l’anecdote et rigueur de l’exposé.

 

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