Octobre 2026
Philosophie Magazine #203
C’est une fille de vingt ans comme tant d’autres, qui débarque à Paris pour étudier la littérature, le cœur rempli de rêves. Dans son balluchon, elle a emporté « plus de livres que de vêtements », car elle a « moins peur de la nudité que de la solitude ». Elle est humaniste, adore le théâtre, milite pour la paix. Bref, c’est une fille qu’on aurait envie de connaître – si un défaut, pour nombre de ses condisciples, ne grevait point toutes ces qualités : elle est israélienne. Pire encore : israélienne après le 7 octobre. Car contre toute attente, dès le lendemain du carnage, alors que l’étudiante est encore sans nouvelle de proches, ceux qu’elle croyait pouvoir appeler ses amis prennent fait et cause pour le Hamas, et assènent que les juifs seraient une minorité privilégiée. L’expérience s’avère déchirante – mais politiquement fondatrice : « Ça fait plus de peine quand ça vient de la gauche : ils viennent nous parler, ils prennent un verre avec nous, ils nous invitent à leur fête… pour laisser ressortir leur haine le jour où on a le plus besoin de soutien. » Sa camarade Léa enfonce le clou : « En France, je ne dis jamais que je suis juive. Algérienne, ça passe encore, mais juive… »
C’est un roman, mais c’est une histoire vraie. C’est aussi une musique où se conjuguent premières libertés et premières désillusions ; façon Sagan des débuts. La plume de Lisa Hazan est vive, souvent incisive. L’un de ses professeurs, juif lui-même, dont elle conspue la lâcheté, trouvera peut-être ces lignes : « Il était philosophe de la tête aux pieds : il voyait le monde mais n’entendait pas les gens, avait conscience de n’être pas grand-chose mais se prétendait responsable de toutes les guerres. » Il y a de l’humour, juif bien sûr : « La vieille veuve est venue me voir aujourd’hui, la pauvre, elle n’a pas de mari. – C’est commun chez les veuves. » Et, mêlée d’adolescence exaltée, une sagacité barthésienne : « Les photographies du massacre étaient mensongères, parce qu’elles donnaient l’impression que l’horreur était figée alors que l’horreur restait toute la vie. » Ce premier roman endigue le flot d’une rage douce : « Nous n’avons pas besoin d’un soutien aveugle et unilatéral. Nous avons besoin d’empathie. De l’empathie pour l’autre et pas seulement pour notre camp. » La vérité sort de la bouche des adolescents.
À la Libération, Sartre, l’intellectuel engagé, athée et adulé, semble n’avoir rien en commun avec Levinas, directeur d’une école juive alors inconnu. Mais s’ils sont tous deux phénoménologues et anciens prisonniers de guerre, c’est…
L’histoire se répèterait-elle ? Plus de 350 ans après que Baruch Spinoza a été excommunié de la communauté juive d’Amsterdam, en 1656, c’est au nom…
LE DILEMME DE MATHIEUMa compagne (de religion juive) et moi (athée) attendons un petit garçon qui va naître bientôt. Dois-je accepter de le circoncire, quitte…
Chaque mois, Charles Pépin vous donne des clés pour résoudre vos cas de conscience. Dans notre nouveau numéro, Mathieu se demande s'il doit rester…
« Ça fait trois semaines qu’on sort ensemble et on s’est toujours vus chez toi ; il est grand temps que tu découvres où je vis, dit la jolie Julia en tournant la clé dans la serrure. Je dois te prévenir que j’héberge au moins un millier de chats…
Nous avons dû réinventer nos manières de nous saluer en période de pandémie. Fini la sacro-sainte bise à la française, les serrages de main…
Comment saluez-vous vos amis et connaissances depuis l’instauration des mesures de distanciation sociale ? Pas évident de ne plus serrer la main aux…
« Réduire l’agressivité » des hamsters syriens (les hamsters domestiques) et les rendre plus coopératifs ? C’était le projet d’une…