Octobre 2026
Philosophie Magazine #203
Après Nord Sentinelle, Jérôme Ferrari livre, avec sa Très brève théorie de l’enfer, le deuxième opus d’une trilogie, Les Contes de l’indigène et du voyageur. Le projet est de prendre en charge, dans de courtes fictions indépendantes les unes des autres, l’un des phénomènes majeurs de notre époque : le tourisme et les migrations de masse.
L’écriture est somptueuse et infernale, au sens où elle décrit des cercles, comme l’Enfer de Dante : ce qu’il va advenir de terrible au héros est annoncé dès le départ, et celui-ci revient sur les scènes qu’il a vécues dans des monologues en italique insérés dans la narration. Dans Nord Sentinelle, le héros corse écopait du rôle de l’indigène, en proie à une montée de haine féroce contre un vacancier de la métropole – contre un voyageur, donc. Dans la Très brève théorie de l’enfer, les rôles sont ironiquement inversés. Le héros corse est cette fois-ci le voyageur, prof expatrié à Alger, puis à Abu Dhabi. C’est l’occasion pour Ferrari d’interroger un genre subtil de faute morale : le roman décrit les accès immodérés de générosité dont se rendent coupables les riches Occidentaux envers le petit personnel des pays du Sud. Par exemple, le héros sauve après un accrochage un chauffeur de taxi pakistanais de la perte de son visa en ne faisant pas de constat. Mais le même enchantement ne fonctionne pas quand il offre un billet d’avion à son employée de maison Kasheeva, afin qu’elle puisse rendre visite à sa petite-fille qui vient de naître, car elle ne peut pas rentrer sans argent ni cadeaux, elle ne serait pas bien reçue. Or elle est trop pauvre pour se permettre ces achats.
Avec Très brève théorie de l’enfer, Jérôme Ferrari met en lumière l’un des phénomènes majeurs de notre époque : le tourisme et les migrations de masse. L…
Les quatre Américains qui viennent de s’élancer depuis la Floride pour passer trois jours en orbite autour de la Terre à bord de la capsule Dragon…
Marqué par les conflits qui hantent nos mémoires, l’écrivain philosophe Jérôme Ferrari interroge dans ses romans la question du mal. Cette obsession est nourrie par la lecture de Leibniz qu’il considère comme le premier penseur à y…
Auteur du “Principe”, roman inspiré par Werner Heisenberg, l’un des fondateurs de la mécanique quantique, et d’un recueil de chroniques qui vient de paraître chez Flammarion, “Il se passe quelque chose”, Jérôme Ferrari confie sa…
L’aventure de la physique quantique a débuté en conte de fées pour s’achever en cauchemar. Au début des années 1920, les scientifiques enchaînent les découvertes sur l’atome et s’aperçoivent que « les choses n’ont pas de fond ». Ils ne…
Tant que nous volons à ras du présent, nous ne voyons aucun avenir devant nous et redoutons la catastrophe. Et s’il nous fallait ici prendre un…
Une nouvelle inédite du prix Goncourt 2012, récompensé pour son roman « Le Sermon sur la chute de Rome »