Le sens de l’histoire
1932, l’esprit de la matière
Emmanuel Mounier (1905-1950), philosophe français, fondateur de la revue “Esprit”, en 1932. © Roger-Viollet
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À l’occasion des 90 ans de son existence, la revue Esprit, fondée par Emmanuel Mounier, organisait un colloque sur le contexte historique de sa naissance, pour comprendre en quoi l’année 1932 fut une année charnière dans l’histoire de la philosophie française. Le moment d’un passage de l’abstraction et de l’idéalisme vers le concret et le souci de l’événement.
De la NRF et des Temps Modernes au moment de l’existentialisme, de Critique et Tel Quel à celui des avant-gardes des années 1960, les grands tournants philosophiques ont souvent été, au cours du XXe siècle, incarnés par des revues, miroirs de leur temps et de l’esprit qui le traverse. Le destin de la revue Esprit, fondée en 1932 par le philosophe catholique Emmanuel Mounier (1905-1950), échappe singulièrement à cette règle historique, en ce sens qu’elle a traversé tous les moments philosophiques et politiques du siècle passé, en cherchant à les saisir et à résister au principe inexorable de leur finitude. Toujours debout, tandis que d’autres disparaissaient, à l’image des Temps modernes en 2019, la revue Esprit organisait mercredi 24 mai à l’École Normale Supérieure (Paris) un mini-colloque revenant sur les conditions de sa naissance, en posant une question qui dépassait son propre cadre : en quoi l’année 1932 fut-elle une année marquante dans l’histoire de la philosophie française ?