Hors-série n°28, en kiosques le 28 janvier 2016

Hannah Arendt. La passion de comprendre

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Hannah Arendt. La passion de comprendre

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Aucun philosophe n’a été plus habité par la passion de comprendre son siècle, le XXe siècle – et pourtant c’est de notre XXIe siècle qu’elle parle. De la “perspective d’une société de travailleurs sans travail”, c’est-à-dire, “privés de la seule activité qui leur reste”, à la question toujours brûlante des réfugiés et apatrides – “nous n’avons pris conscience de l’existence d’un droit d’avoir des droits que lorsque des millions de gens les ont perdus sans espoir de retour”, en passant par une analyse, toujours actuelle, de la fusion entre idéologie et terreur. Ni de gauche ni de droite, radicale mais pas dogmatique, Arendt est une visionnaire

Hannah Arendt. La passion de comprendre
En kiosques le 28 janvier 2016.
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PARTIE I : Le totalitarisme

Pour Arendt, « les mouvements totalitaires sont des organisations massives d’individus atomisés et isolés »: ni simple dictature, ni simple tyrannie, Arendt analyse stalinisme et nazisme comme deux formes d’un système politique inconnu auparavant, le système totalitaire. Un concept qui s’est révélé inévitable pour expliquer les nouveaux rapports de la violence et de l’Etat au XX ème siècle.  « L’une des grandes intuitions de Arendt, affirme  Enzo Traverso, est d’avoir vu dans le colonialisme européen un ferment totalitaire. »

 

PARTIE II : Le mal est-il banal ?

En 1961 débute le procès d’Adolf Eichmann et avec lui, l’émergence d’un nouveau discours sur la Shoah. Arendt, envoyée spéciale du New Yorker, est présente au début du procès. L’homme qu’elle voit à l’abri de sa cage de verre dans le tribunal de Jérusalem lui paraît tenir plus du clown que du monstre. Elle pense tenir en lui une incarnation de l’absence de pensée qui conduit à la « banalité du mal ». Une idée qui selon Isabelle Delpla, vise surtout à disculper la pensée de toute complicité avec le mal. Mais, objecte Rony Brauman, « Quand Arendt dit qu’Eichmann ne pense pas, cela ne veut pas dire qu’il est stupide ».

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