Le chant des signes
Affiches électorales. La figure obligée
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Cet article est issu du numéro 60 de Philosophie magazine « 60 - juin 2012 », en kiosque le 28 juin 2012. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Dans leur iconographie de campagne, les politiques cherchent à incarner au mieux les idées de leur camp, à faire coïncider le message et l’image, quitte à se déguiser. Un jeu de masques qui transforme l’électeur en sémiologue.
La première chose qui frappe avec les affiches de campagne, c’est qu’elles sont limpides. Non pas au sens où les candidats s’y montreraient tels qu’ils sont ; au contraire, les photos sont choisies, les images sont travaillées, le maquillage est omniprésent, le déguisement est à son sommet d’artifice. Mais justement : l’artifice est ostensible, l’illusionniste oublie de cacher ses accessoires, c’est un maquillage à front renversé qui ne prend pas la peine de se présenter comme la réalité. Avec les affiches électorales, l’électeur se trouve en présence d’une écriture qui souligne sa propre emphase. Les candidats s’y déguisent en candidats, comme les petits enfants qui (parce qu’ils redoutent que leurs parents ne les reconnaissent pas) se contentent d’une lampe de poche et d’un drap mal posé sur la tête pour jouer les fantômes – ce qui ne trompe effectivement personne.