Valérie Charolles : “En finir avec la monarchie électorale qui caractérise la France”
Valérie Charolles © DR
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Cet article est issu du numéro 126 de Philosophie magazine « Qu’est-ce qu’une saine colère ? », en kiosque le 10 janvier 2019. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
La France est le seul pays, avec la Russie, à confier les rênes du pouvoir à un seul homme. Afin d’éviter que les citoyens n’aient à recourir, pour le contester, à l’insurrection, la philosophe et économiste prône un changement de régime.
Le ton « grand seigneur » décrié en son temps par Kant pour la philosophie n’est pas de mise en démocratie. La démocratie, ce n’est pas donner le pouvoir au peuple ni à une élite mais aux citoyens, dans un cadre qui respecte la séparation entre les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, et qui garantit les libertés, à commencer aujourd’hui par celle de ne pas être assujetti à un système économique omniprésent et asymétrique. Or, même si l’on vote souvent en France, la coïncidence entre élections présidentielle et législative au scrutin majoritaire à deux tours revient à donner pendant cinq ans les clés du pouvoir national à un homme. La démocratie ne peut pas reposer sur l’intelligence d’un homme, fût-il président de la République, d’autant que le choix des citoyens est largement confisqué quand le Front national est présent au second tour.