Amélie Nothomb. Assoiffée
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Cet article est issu du numéro 132 de Philosophie magazine « Que faire de nos émotions ? », en kiosque le 22 août 2019. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
“Avoir un corps, c’est ce qui peut arriver de mieux.” Cette formule qu’Amélie Nothomb a l’audace et la cruauté de prêter à Jésus au moment où il monte sur la croix dans Soif, son dernier roman qui paraît en cette rentrée, pourrait servir de mantra à tous ses personnages. Depuis “Hygiène de l’assassin” en 1992, celle qui publie un livre par an a en effet fait du corps son principal outil d’exploration : non pas le corps glorieux des peintres ou le corps inspiré des philosophes, mais celui qui a faim, soif et souffre. Et ça marche. L’idée de faire du Christ un personnage épicurien dont l’incarnation aura été la plus grande joie, et la crucifixion – “expérience cruciale” – le pire des châtiments fait mouche.
Où étiez-vous avant votre naissance ?
Dans le métro parisien.
Un dieu ? Un maître ?
La météo.
Ce que vous retenez de votre éducation ?
La politesse ne perd jamais ses droits.
Votre plus grande fortune ?
Ma réserve de grands champagnes.
La chose la plus grotesque faite par amour ?