Cinéma
“Antoinette dans les Cévennes” : pourquoi ça marche ?
© Julien Panié/Chapka Films/La Filmerie/France 3 Cinéma
Avec près de 600 000 entrées en trois semaines, le film Antoinette dans les Cévennes est la surprise cinématographique de la rentrée. Réalisée par Catherine Vignal, qui n’avait pas sorti un long-métrage depuis vingt ans, cette “comédie romantique avec un âne” introduisant Laure Calamy dans le rôle-titre bénéficie d’un excellent bouche à oreille. L’actrice, rendue célèbre grâce à la série Dix pour cent, campe une institutrice qui décide de marcher pendant une semaine sur le chemin de Stevenson, au coeur des Cévennes. Besoin de souffler ? De photographier de jolies collines orageuses ? Du tout : parée de son plus beau short en jean, elle compte en réalité suivre son amant qui l’a plantée pour aller y randonner en famille… La pratique de la marche, d’abord présentée comme une tannée aggravée par un âne rarement coopératif, devient peu à peu une curiosité en soi puis un véritable moyen d’émancipation. Au fur et à mesure qu’Antoinette surmonte les épreuves physiques, elle semble davantage capable de prendre sa vie sentimentale en main. Sous des airs potaches, le film fait un éloge de la marche que le philosophe Frédéric Gros n’aurait sans doute pas renié. Dans un entretien qu’il nous avait accordé en 2012, l’auteur de Marcher, une philosophie (Carnets Nord, 2009) vantait notamment “la répétition libératrice de la marche”, assurant : “La marche fait coïncider l’âme, le corps et le monde.” De maîtresse éplorée à reine de la randonnée, Antoinette fait vaillamment sa révolution !