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Assassinat de Samuel Paty : l’appel à la raison de Frédéric Worms

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Assassinat de Samuel Paty : l’appel à la raison de Frédéric Worms

Panneau brandi lors du rassemblement en hommage à Samuel Paty, place de la République, à Paris, le 18 octobre 2020. © Nicolas Portnoi/Hans Lucas/AFP

Comment réagir à l’assassinat de Samuel Paty ? Très rapidement après cette tragédie, des philosophes, comme Pascal Bruckner dans Le Figaro ou Raphaël Enthoven sur Twitter, ont appelé à republier massivement les caricatures de Mahomet dans les médias, sur les réseaux, à l’école. Suivant leur raisonnement, si chacun exhibe une caricature, il deviendra impossible aux terroristes de cibler tel ou tel. Comme l’écrit Pascal Bruckner, « ils peuvent tuer une personne, ils ne nous tueront pas tous ». 

Sommes-nous en train de passer d’un droit au blasphème à un devoir de blasphème ? Et faut-il se contenter de republier les caricatures ? Le philosophe Frédéric Worms n’en est pas convaincu. Selon lui, le droit républicain doit primer sur les images et les réseaux, et fixer des limites, par exemple entre blasphème (autorisé) et appel à la haine (interdit). Et c’est aux enseignants de contextualiser et d’expliquer les choses. Il estime en effet que l’école est le cadre qui permet de discuter de ces limites. Il faut donc d’après lui éviter que l’imprécation remplace la réflexion. 

L'entretien avec Frédéric Worms