Les notions
La raison
Cet article est réservé aux abonnés.
Considérée comme propre à l’homme, celui-ci étant qualifié par Aristote d’« animal rationnel », la raison (du latin ratio : calcul) peut se définir comme la faculté de juger du vrai et du faux, de discerner le bien du mal. Pour Descartes, père du rationalisme, elle est synonyme de « bon sens », d’ « entendement » et elle est partagée par tous. Son bon usage requiert toutefois une méthode sans quoi elle ne peut éclairer le réel. Si la philosophie s’appuie sur une démarche rationnelle depuis que Socrate a condamné la « haine de la raison » (ou misologie) dispensée par les sophistes, elle a toutefois été amenée à penser elle-même ses propres limites avec le criticisme de Kant et à interroger la pertinence de son exclusivité dans la quête de la vérité. Ainsi le XXe siècle a-t-il était le théâtre d’une crise de la raison, notamment avec la remise en cause du positivisme et des promesses non tenues de la philosophie des Lumières qui annonçaient l’avènement dans un futur proche d’un « règne de la raison ». Opposée traditionnellement à la foi, la raison questionne aujourd’hui sa propre histoire sans douter cependant que son usage reste le meilleur rempart contre toutes les formes d’obscurantisme.
Exemples
Le morceau de cire
Pour Descartes, de même que le moi ne peut se connaître que par la raison seule, de même l’identité d’un objet ne peut être garantie que par cette même raison. Pour le prouver, il décrit la bougie (le morceau de cire) qu’il a devant lui au moment où il écrit et il se demande comment, une fois la bougie consumée, il pourra la reconnaître avec certitude comme étant la même que celle qui l’éclaire présentement quand il commence à écrire. Cela est impossible par la sensation puisque la bougie, en fondant, aura perdu sa forme, sa dureté, son odeur de cire. Son identité ne sera pas davantage prouvée par l’imagination puisque celle-ci ne saurait parcourir toutes les formes possibles que peut prendre le morceau de cire en se liquéfiant. Il faut donc dire que seule une « inspection de l’esprit », c’est-à-dire de la raison, est en mesure de concevoir ce qu’est le morceau de cire en son essence, « toute nue ».