Ethnomythologies
Barbecue. Les guerres du feu
© Bridgeman Images
Cet article est réservé aux abonnés.
Cet article est issu du numéro 171 de Philosophie magazine « La chance, est-ce que ça existe ? », en kiosque le 06 juillet 2023. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
C’est l’une de nos grandes passions de l’été, mais nous ne sommes pas tous égaux devant les chipolatas, merguez et autres aubergines cuites au feu de bois. Le barbecue, un espace de discriminations ? Nous l’avons passé sur le gril.
La grillade de la viande en plein air sur un lit de braises rougeoyantes est une vraie passion populaire, que ce soit en France – où plusieurs dizaines de millions d’habitants s’y adonnent intensément l’été – ou plus encore en Allemagne – où sa pratique est tellement répandue qu’elle est devenue une manière de rituel religieux. Sans parler des États-Unis, notamment dans les États du Sud, où cette passion devient folie. On y voit se multiplier les émissions de télévision, les théories complexes de la cuisson sur gril, les concours de ce que l’on appelle là-bas BBQ (à prononcer : « bibiquiou »)…
D’où provient un tel engouement ? Peut-être de l’objet lui-même, une grille, à l’origine en bois dur, installée au-dessus d’un feu de braise, permettant de cuire la viande durant des heures en y tatouant des marques, comme des griffes. Tel est du moins l’instrument initial que les conquistadors avaient découvert en arrivant dans les Caraïbes au XVIe siècle. Cette grille (photo), cet objet, quelque peu magique, qui rend l’homme supérieur au jaguar, se dit en arawak : barbacoa, qui serait l’origine de notre mot : « barbecue ».