Questionnaire de Socrate
Bernard Lavilliers. D’ici et d’ailleurs
Bernard Lavilliers ©Patrick Swirc/Universal Music France
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Cet article est issu du numéro 156 de Philosophie magazine « C’est quoi un bon Français ? », en kiosque le 13 janvier 2022. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
C’est à Buenos Aires que le chanteur-voyageur a trouvé l’inspiration pour son nouvel album, Sous un soleil énorme (Romance musique). Il n’en a pourtant pas oublié d’où il vient, Saint-Étienne, à laquelle il consacre un titre bouleversant, « Je tiens d’elle », avec le duo Terrenoire. Mais nulle trace de nostalgie chez lui – « moi, je vois demain ». L’artiste, qui fustige « l’industrie du choc qui vide les mots de leur sens, alors que les mots sont plus dangereux que les armes », est toujours aussi mordant, comme en témoigne « Corruption », qui emporte même Platon dans ses bagages. Il s’embarque d’ailleurs le 19 février pour une grande tournée qui s’achèvera en octobre par quatre dates à L’Olympia, à Paris. On the road again.
De quoi aimez-vous être ivre ?
De poésie… et de musique aussi, mais de musique live. D’ailleurs, je dis souvent à ma femme : « À part toi, les êtres qui me manquent le plus, ce sont les musiciens. »
Une rencontre déterminante dans votre parcours ?
En tant que chanteur, c’est Léo Ferré… et puis Jim Morrison.
L’ingrédient indispensable à votre processus créatif ?
Le voyage, évidemment. Quand je pars, on ne me connaît pas, je ne connais personne – si je ne parle pas la langue, c’est encore mieux –, et cet ailleurs me permet de me projeter. Et après, ben, je me débrouille.