Questionnaire de Socrate
Flavien Berger : le gai savon
Flavien Berger. © Quentin Lacombe
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Cet article est issu du numéro 176 de Philosophie magazine « Comment prendre la bonne décision ? », en kiosque le 11 janvier 2024. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Dans cent ans, c’est le rendez-vous fixé par Flavien Berger et le titre de son dernier album (chez Pan European Recording). Avec lui, le musicien autodidacte clôt une « trilogie pop » sur le temps entamée avec Léviathan et Contre-temps, s’aventurant « dans l’occulte, dans les rêves et l’inconscient, dans les diableries de la mort ». Simultanément à une série de concerts en France et en Europe – son « Dans Cent Tour » –, il sort en février un « contre-album » : Contrebande 02. Inventant des mots-valises pour des voyages immobiles, le chanteur brouille les frontières entre musique électro et classique, mélodies psychédéliques et sonorités expérimentales, il s’amuse avec les mots, poète et sans pose.
Où serez-vous dans cent ans ?
Dans un autre royaume que celui des vivants. La matière de mon corps sera-t-elle dispersée dans l’Univers ou en train de fabriquer de l’humus ? Faire de la musique est en tout cas un parachute vers ce vide.
Que faire du temps qui reste ?
Je l’occupe à me projeter, à lancer des idées qui vont m’occuper.
Avez-vous peur de la mort ?
J’essaie d’en faire une alliée et de l’aborder frontalement. « Aborder » est un terme marin qui me fait penser à L’Île des morts du peintre Arnold Böcklin, où une barque navigue calmement à travers les eaux, suivant un chemin silencieux vers une île aux mystères.