Analyse

Bright : le lobby des athées

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Cet article est issu du numéro 1 de Philosophie magazine « 1 - avril/mai 2006 », en kiosque le 30 mars 2006. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Est « brillant », « éclairé » celui qui, aux Etats-Unis, s’oppose aux fondamentalistes chrétiens et aux partisans du créationnisme. Transposé en France, le mouvement présente des contradictions. Etat des lieux.

Né aux Etats-Unis pour contrer l’intrusion de la religion dans la vie publique, le mouvement Bright (« brillant ») s’implante en France. Est bright, apprend-on sur le site, ouvert en décembre, tout « individu qui porte un regard naturaliste sur le monde ». Ce néologisme donnera-t-il un nouvel élan à l’athéisme militant ?

C’est à un couple d’éducateurs californiens, Paul Geisert et Mynga Futrell, que revient la création du terme. Pour ces militants de l’« association humaniste de Sacramento », le chemin de Damas (si l’on ose dire) est passé par Washington lors de la Godless March de novembre 2002. Les organisateurs voulaient montrer que les quelque trente millions d’athées américains (selon un sondage Gallup) représentaient une force politique avec laquelle compter dans une période d’intense lobbying des fondamentalistes chrétiens. Au vu du modeste succès de ladite marche, Geisert et Futrell ont cherché un terme plus fédérateur que libre-penseur, agnostique, athée, humaniste ou rationaliste. D’où le substantif bright, une allusion aux Lumières.

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