Parcours
Cécile Renouard. Sœur Justice
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Cet article est issu du numéro 21 de Philosophie magazine « 21 - été 2008 », en kiosque le 03 juillet 2008. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Diplômée de l’Essec, docteur en philosophie, cette religieuse de l’Assomption défend une vision spirituelle du développement en Afrique.
Elle ne porte ni voile ni croix ostensible. Pour prêcher sa cause, elle n’arbore qu’une tranquille indignation. Née en 1968, cette religieuse de l’Assomption et docteur en philosophie consacre son existence à donner corps à une notion un peu floue : le développement durable. La semaine dernière, elle était dans le delta du Niger pour observer l’action de l’industrie pétrolière, une illustration de son credo développé dans Un monde possible (Seuil) : face à l’affaissement des États, il faut que les multinationales assument un rôle dans le développement des régions où elles sont implantées. Bref, détourner le système libéral à des fins de justice sociale. « Idéalisme », lui rétorque-t-on. Elle ne s’en offusque pas. « Je crois à une utopie transformatrice », proclame-t-elle. Avec son visage juvénile marqué par la fatigue d’une action qu’on devine sans trêve, Cécile Renouard est l’antimissionnaire. Elle n’évangélise pas mais observe, elle ne sermonne pas mais analyse. Issue d’une famille catholique, elle est aussi l’arrière-petite-fille d’un des fondateurs de L’Humanité, Lucien Herr, paradoxe familial qu’elle cultive avec une grande facétie intellectuelle.