“Comment devient-on misanthrope ?”

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129-CourrierPepin-SeverineScaglia

© Séverine Scaglia

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Cet article est issu du numéro 129 de Philosophie magazine « À la recherche de l’esprit européen », en kiosque le 20 avril 2019. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Question de Christophe de la Chaise.

Par idéalisme déçu ? Qu’on a trop espéré et été trop déçu ? On trouve une telle interprétation de la misanthropie dans la littérature russe – dans ce chef-d’œuvre qu’est Roman avec cocaïne (1934) de M. Aguéev. La misanthropie la plus radicale viendrait sanctionner ceux qui ont pêché par excès d’idéalisme, qui ont cru les hommes trop purs, trop bons ou trop généreux, avant de déchanter brutalement. Il conviendrait alors, pour éviter cet effet retour de la misanthropie, d’élever les hommes dans le réalisme le plus sec. 

On peut aussi concevoir la misanthropie comme un simple excès de lucidité : sur la petitesse des hommes, leur attirance pour le Mal, leur incapacité à progresser. Enfin, bien sûr, elle peut résulter de blessures d’enfance, de scènes traumatiques induisant in fine une faute de raisonnement : si telle personne m’a fait du mal, c’est que tous les hommes sont mauvais… 

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