Biographie
Confucius, un célèbre inconnu
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Cet article est issu du numéro 3 de Philosophie magazine « 3 - août/sept. 2006 », en kiosque le 27 juillet 2006. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Les grands destins méritent une annonciation. Voici ce qu’enseigne la tradition : une jeune Chinoise aperçoit un beau jour une licorne tenant dans sa bouche un livre. Deux mois plus tard, elle attend un enfant. Au terme d’une gestation exceptionnellement longue de onze mois naît Confucius. Le jour de l’accouchement est nimbé de magie. Deux dragons tournent autour de la maison natale, tandis que cinq vénérables vieillards, manifestement des immortels, s’installent dans la cour. Lorsque l’enfant paraît enfin, une musique céleste inonde les lieux. Le bébé présente des traits extraordinaires : des yeux larges comme un fleuve, une bouche s’animant comme la mer, un crâne avec creux et bosses évoquant une montagne, ainsi qu’un très grand front bombé. La scène se déroule en 551 avant notre ère, à Qufu, dans l’actuelle province du Shandong. C’était alors le pays de Lu, une région placée sous l’autorité d’un parent du roi des Zhou qui régnaient à Luoyang, dans l’actuelle province du Henan.
Le futur sage a 3 ans lorsque son père meurt. Sa mère, qu’il vénère, l’élève seule. Le petit Confucius, au lieu de courir avec les enfants de son âge, s’adonne à des jeux étranges : il imite les prêtres en manipulant les bronzes rituels dédiés au culte des ancêtres. Devenu adulte, le jeune homme doit gagner sa vie. Il appartient à la petite noblesse désargentée, trop pauvre pour se permettre de ne pas travailler. À long terme, ces shi, nobles talentueux, deviendront les lettrés, parangons de la société chinoise impériale.
« Même les paysans se moquent du pauvre philosophe : ils disent que ses tirades prétentieuses ne changeront jamais la face du monde. »
Confucius se fait embaucher comme intendant dans un grand domaine agricole. Sa gestion efficace impressionne : le troupeau s’agrandit, les moissons rentrent, les comptes sont en ordre. Cela ne l’empêche nullement, malgré ses charges, de se consacrer toujours davantage à l’étude. Il se tourne vers le passé pour tenter d’en comprendre les règles et mieux organiser le présent. Le jeune homme est déjà… confucianiste.