Philosopher en série
“The Crown” : quand régner, c’est ne rien faire
© Liam Daniel/Netflix
Envie de regarder une série sous la couette pendant les fêtes de fin d’année ? Ça tombe bien, la saison 4 de la série The Crown est diffusée sur Netflix depuis le 15 novembre. Orientée sur les années 1980 (chaque saison de The Crown retraçant une décennie de la royauté), elle met en scène deux intrigues principales : les relations étroites et orageuses entre Margaret Thatcher et Élisabeth II, ainsi que les difficultés de couple du prince Charles et de Lady Di, star en devenir qui vit un calvaire en privé. Les recettes du succès de cette série sont toujours là : décors soignés, actrices et acteurs de haut vol, savoureux jeux de piste avec l’histoire – une ambiance parfaite pour les longues soirées d’hiver.
Élisabeth II aurait-elle lu les grands classiques taoïstes ? Si cette saison de The Crown relève un peu trop du soap opera (que de problèmes de cœur, par ici !), elle continue aussi de tisser une analyse originale de l’exercice du pouvoir. La reine Élisabeth n’est en effet pas dépeinte comme une monarque particulièrement hyperactive… Pourtant, son inaction ne saurait être apparentée à de l’oisiveté. Ne rien faire serait-il justement la clé de son succès ? Une référence philosophique venue non pas d’outre-Manche, mais de Chine, peut nous aider à comprendre l’intérêt qu’elle trouve à ne pas s’activer. Il s’agit du taoïsme, qui fait du « non-agir » la valeur cardinale du souverain : en ne faisant rien, la reine se met au centre de tout. Petite mise en regard de ces textes anciens avec l’intrigue de The Crown, en forme d’éloge du farniente… politique.