La notion

“Cyberpsychologie”

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“Cyberpsychologie”

©Manny Moreno/unsplash

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Cet article est issu du numéro 158 de Philosophie magazine, en kiosque le 19 mars 2022. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Addiction au jeu vidéo, attachement affectif à des agents artificiels de discussion, empathie pour des robots, dédoublement de la vie dans le métavers, acquisitions de nouvelles facultés et de nouvelles compétences… C’est pour penser d’un même bloc les métamorphoses virtuelles de nos fonctionnements psychiques que Serge Tisseron et Frédéric Tordo ont développé la notion de « cyberpsychologie ». Dans leur essai Comprendre et soigner l’homme connecté (Dunod, 2021) ainsi que dans les cours qu’ils ont initiés à la faculté, les deux psychologues insistent sur trois axes : l’exacerbation de l’« extime » – « mouvement qui pousse chacun à mettre en avant une partie de sa vie intime » ; ensuite, la « désinhibition numérique » favorisée par l’anonymat et l’invisibilité ; enfin, la mise en scène d’un « Moi-cyborg » qui s’éprouve par l’entremise du numérique, car « l’individu se trouve (ou se représente) sur Internet comme à l’intérieur de son propre Moi ». Aux inquiétudes concernant les dangers du monde virtuel, Serge Tisseron et Frédéric Tordo répondent donc en soulignant la richesse du rapport à soi qui s’y reconfigure, sans cependant minorer les pathologies qui en découlent… et qu’ils invitent à prendre en charge via des « thérapies connectées ».