Nouvelles vagues
Dark romance : ne nous délivrez pas du mâle. La chronique d’Anne-Sophie Moreau
©Kristina Shvedenko/unsplash
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Cet article est issu du numéro 201 de Philosophie magazine « Le sentiment océanique. Peut-on faire l'expérience de l’infini ? », en kiosque le 10 juillet 2026. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Le lectorat féminin s’arrache les livres de ce genre, qui mettent en scène des héroïnes confrontées à des prédateurs sexuels – chef de gang, vampire et même dinosaure (!). Exaltation problématique du viol ou réappropriation des désirs ?
Depuis des années, libraires et parents s’arrachent les cheveux : un nombre croissant de jeunes femmes ne dévorent plus que des romans érotiques, voire franchement pornographiques, dont les ressorts dramatiques ont de quoi hérisser les féministes.
La dark romance se décline en différents sous-genres et scénarios. Le classique : un milliardaire ténébreux exerce son emprise sur une jeune ingénue, qu’il initie à des pratiques sexuelles interdites. Plus sulfureux : un mafioso séquestre une innocente – dans Captive, la trilogie de Sarah Rivens qui s’est vendue à 350 000 exemplaires, une orpheline est maltraitée par un chef de gang dont elle finit par s’éprendre. Plus déroutant : la dark romantasy, peuplée non pas de traders de la City mais de créatures fantastiques – démons, faes, loups-garous.