Des classiques pour éclairer le présent
De l’inconvénient d’être né en 2021
Les Blackbirds XR, activistes du mouvement environnementaliste de la jeunesse Extinction Rebellion, lors du sommet du G7 en Cornouailles le 11 juin 2021. © Jeff J Mitchell/Getty Images / AFP
« Nous ne courons pas vers la mort, nous fuyons la catastrophe de la naissance. » C’est en ces termes peu réjouissants que le philosophe Emil Cioran déplore une naissance qu’il a subjectivement vécue comme un drame absolu. Drame que l’extrait du prérapport du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) dévoilé le 23 juin, vient amèrement confirmer. « La vie sur Terre telle que nous la connaissons sera inéluctablement transformée par le dérèglement climatique quand les enfants nés en 2021 auront 30 ans », a-t-on pu lire dans les articles qui en ont dévoilé le contenu.
Dans ces conditions, pourquoi faire naître un enfant ? N’est-ce pas le condamner à une vie forcement plus difficile que la nôtre ? Mais n’est-ce pas aussi une manière de garder espoir ? C’est la position soutenue par Hannah Arendt, qui envisage la naissance non comme une damnation, mais comme la promesse d’un renouveau.