Derrida, « Lettre à un ami japonais ». Les extraits
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Cet article est issu du numéro 72 de Philosophie magazine « 72 - septembre 2013 », en kiosque le 22 août 2013. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
On trouvera dans les pages qui suivent l’intégralité de la Lettre à un ami japonais. Ce texte, datant de 1985, est repris dans Psyché. Inventions de l’autre (Galilée, 1987), volume qui rassemble plusieurs articles et interventions de Derrida. La lettre est adressée à l’islamologue Toshihiko Izutsu (1914-1993), rencontré au Japon. Partant d’une question redoutable – comment traduire le mot « déconstruction » en japonais ? –, le texte est particulièrement précieux car Derrida s’explique sur le terme phare de sa pensée, employé pour la première fois dans De la grammatologie. Le philosophe rappelle qu’il souhaitait lui-même traduire et adapter les notions de Destruktion et d’Abbau, présentes chez Heidegger. Dans son chef-d’œuvre Être et Temps (1927), ce dernier entend revenir au sens authentique de l’être, voilé selon lui depuis les Grecs. Pour y parvenir, il faut démanteler, « détruire » l’ontologie (précisément le discours ou la science de l’être) traditionnelle.