Jacques Derrida commenté par Jean-Luc Nancy
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Cet article est issu du numéro 138 de Philosophie magazine « 138 - avril / mai 2020 », en kiosque le 26 mars 2020. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
L’extrait de Jacques Derrida
« Chaque fois que la multiplicité des voix s’est imposée à moi sous une forme telle que j’ai essayé de la présenter comme telle, c’est-à-dire de distribuer les voix en quelque sorte, de faire comme si je distribuais les voix dans mon texte, il y avait toujours des voix de femmes ou une voix de femme. Pour moi, la première manière de laisser la parole consiste, dans une situation qui est d’abord la mienne, à faire droit en lui donnant le passage à une voix de femme ou des voix de femmes qui sont déjà là d’une certaine manière à l’origine de la parole ou de ma parole. Il y a des voix de femmes. Ces voix, je n’écris pas sur elles – vous me demandez si je suis tenté d’écrire sur la multiplicité des voix en musique –, je n’écris jamais sur elles. D’une certaine manière, j’essaie de les laisser prendre la parole – et la garder – à travers moi, sans moi, au-delà du contrôle que je pourrais avoir sur elles. »
Points de suspension, Galilée, 1992, p. 408.
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