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Du buzz dans la ruche
© Beewise
Cet article est issu du numéro 153 de Philosophie magazine « Peut-on changer de logique ? », en kiosque le 23 septembre 2021. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Les abeilles vont-elles disparaître ? Entre avril 2020 et avril 2021, les apiculteurs américains ont perdu 45 % de leurs colonies. En cause, notamment, les néonicotinoïdes et autres insecticides déversés chaque année par l’industrie agro-alimentaire. Pour faire face à la possibilité d’une extinction, la start-up israélienne Beewise a imaginé une ruche robotisée : BeeHome. Comme l’expliquait Saar Safra, l’entrepreneur à l’origine du projet, à The Times of Israël le 1er septembre, « au centre, un système robotique se déplace et surveille 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 », il « distribue de la nourriture, de l’eau, des médicaments en cas de maladie ou de parasite ». Une manière d’endiguer le déclin des abeilles, qui met en péril l’ensemble des écosystèmes de la planète.
Le sentiment d’une communauté de destin entre l’homme et les butineuses est à vrai dire aussi vieux que l’humanité, comme le notent François et Pierre-Henri Tavoillot dans leur livre L’Abeille (et le) Philosophe (Odile Jacob, 2015) : « L’abeille est perçue comme une sorte de miroir […] qui détiendrait la triple faculté de refléter, de modifier, et de prédire la vie des hommes. L’abeille est la projection d’un souci de l’homme ; car le spectacle de la ruche nous renvoie à deux archétypes puissants de la condition humaine » : d’une part, la « finitude » fragile, exposée au monde ; et, d’autre part, la « puissance surnaturelle » de l’ingéniosité. La ruche nous évoque le « rêve d’une harmonisation effective de la petitesse et de la grandeur »… à laquelle nos sociétés aspirent ?