Hors-série "L'art du temps libre"

Éloge du temps libre

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Cet article est issu du Hors-série n°N°58 de Philosophie magazine « L’Art de ne rien faire », en kiosque le 27 juillet 2023. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Au lieu de consommer comme seule alternative au labeur, Gorz et Marcuse invitent à l’autonomie.

 

Les critiques de « l’idéologie du travail » se sont multipliées tout au long du XXe siècle. André Gorz en particulier soulignera le paradoxe d’une société où le travail reste une exigence absolue alors que, grâce au progrès technique, le travail nécessaire diminue sans arrêt. Dans les Métamorphoses du travail (1988), il écrit : « Nous nous trouvons dans un système social qui ne sait ni répartir, ni gérer, ni employer le temps libéré ; qui s’effraie de son accroissement alors qu’il fait tout pour l’augmenter » et multiplie, pour occulter cet effroi, les « bullshit jobs » (selon l’expression de David Graeber). Nous avons oublié ce que pourrait être une activité qui ne relèverait pas du travail. Nos existences se réduisent à une opposition binaire entre labeur « hétéronome », aliéné, vide de sens, foncièrement insatisfaisant, et consommation passive de marchandises compensatoires, tout aussi insatisfaisante, qui en est l’envers.

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