Dossier / “Moi, moi et encore moi. Comment sortir de sa bulle ?”

Être altruiste, ça rend heureux ? Entretien avec la psychologue Rebecca Shankland

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Être altruiste, ça rend heureux ? Entretien avec la psychologue Rebecca Shankland

© Garance Li/Neutral Grey/Saif Images

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Cet article est issu du numéro 195 de Philosophie magazine « Moi, moi et encore moi. Comment sortir de sa bulle ? », en kiosque le 04 décembre 2025. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Pour se sentir bien, il faudrait se chouchouter, penser à soi… Rien de plus faux, proteste Rebecca Shankland : c’est plutôt aider les autres qui rend heureux. La spécialiste de psychologie positive nous explique comment cultiver l’altruisme… pour notre bien !

 

On croit souvent que le bien-être passe par la capacité à s’accorder de petits plaisirs individuels au lieu de perdre son temps à aider autrui. Qu’en dit la science ?

Rebecca Shankland : Cette idée est erronée. Les études le montrent : venir en aide à autrui augmente notre bien-être, bien plus que se centrer sur soi-même. Lorsqu’on donne de l’argent à des gens en leur disant de l’utiliser soit pour se faire plaisir, soit pour autrui, ceux qui optent pour la seconde option ont des émotions plus positives. Il en va de même lorsqu’on accomplit un geste bienveillant, même banal. Cela a des effets sur la santé mentale, avec une réduction des symptômes anxieux et dépressifs, mais aussi sur la santé physique : lorsque des patients atteints de douleurs chroniques en aident d’autres, ils voient leurs propres douleurs diminuer. Par ailleurs, se sentir connecté aux autres diminue la sécrétion de cortisol, et donc le risque de mortalité prématurée.

 

Cela concerne tout le monde ?

L’altruisme rend heureux quel que soit l’âge. Un enfant qui donne des bonbons à un autre est plus satisfait que lorsqu’il en reçoit, ce qu’on mesure aux expressions faciales. Il en va de même chez les personnes âgées qui s’engagent dans des associations pour venir en aide à d’autres. Des études ont également été menées auprès des adolescents, chez qui la tendance à être trop autocentrés est un facteur de risque en matière de santé mentale.

“En aidant autrui, nous mobilisons des compétences et augmentons ainsi notre sentiment de maîtrise, notre sentiment de pouvoir agir sur les situations, ce qui nourrit la confiance en soi”

Quels mécanismes peuvent expliquer ces effets de l’altruisme sur le bien-être ?

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