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“Fashion week” : êtes-vous plutôt Hegel ou Simmel ?

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Paris, le 26 septembre 2022. Défilé Weinsanto pendant la Fashion Week printemps-été 2023

Paris, le 26 septembre 2022. Défilé Weinsanto pendant la Fashion Week printemps-été 2023. © Jana Call Me J/Abacapress.com

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Si bon nombre de philosophes se sont intéressés au vêtement, peu nombreux sont ceux qui se sont risqués à interroger ce qu’est un bel habit. Deux d’entre eux, cependant, qui partagent une même hostilité pour le vêtement moulant, ont proposé deux théories de l’élégance vestimentaire. Hegel, d’une part, Simmel de l’autre.

Hegel : éloge de la toge

À quoi tient la beauté du vêtement, pour G. W. F. Hegel (1770-1831) ? Selon lui, le vêtement « nous soustrait à la vue directe de ce qui, en tant que sensible, est dépourvu de signification » (Esthétique). Ou pour le dire de manière plus claire, il permet de « dissimuler tous les petits détails du corps qui n’ont de rapport qu’avec la vie animale […] pour ne faire ressortir que le côté spirituel de la forme, de ses contours vraiment vivants ».

Le vêtement doit refléter, donner à voir une liberté intérieure qui anime le corps en s’affranchissant des déterminations mécaniques de la matière, une liberté qui ne se détermine qu’en fonction de la raison. Le vêtement doit, par conséquent, dissimuler tout ce qui particularise l’individu – son existence sensible, matérielle – et mettre en valeur ce qui, dans la matière, manifeste au plus haut point cette liberté : le mouvement. Le beau vêtement manifeste que le sujet qui le porte n’est plus aliéné à son individualité mais, au contraire, qu’il embrasse librement l’universel contenu en lui.

Quel est donc le vêtement idéal, pour Hegel ? Il doit répondre à plusieurs critères : ne pas entraver le mouvement, refléter la fluidité de la vie intérieure qui domine la rigidité de la matière et présenter une forme d’impersonnalité, de dépouillement, de simplicité, pour évoquer l’universalité de l’esprit. Le vêtement idéal, ou « l’idéal du vêtement », ce sera en somme la toge… des philosophes. La toge, note-t-il, « est une surface sans forme déterminée ». Elle « tombe simple et libre », « s’harmonise avec les poses, le maintien et les mouvements » et peut « prendre toutes les formes sans en avoir aucune ». Ainsi, le drapé de la toge « devient propre à l’expression mobile de l’esprit qui se manifeste et agit par le corps ».

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