Hors-série "Foucault. Le courage d’être soi"

Foucault et le retour sur soi

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Parus à la mort de Foucault en 1984, L’Usage des plaisirs et Le Souci de soi poursuivent son Histoire de la sexualité, au projet profondément remanié. Il s’intéresse à l’« esthétique de l’existence » élaborée à l’Antiquité gréco-romaine. Ou quand le « soi » ou le sujet se façonne librement, sans être contraint par le pouvoir. Une quête toujours actuelle.

 

Un projet remanié de fond en comble

On prend les mêmes (préoccupations) et on recommence. En 1976, La Volonté de savoir annonçait une Histoire de la sexualité en six volumes, couvrant l’époque moderne. Foucault abandonne finalement ce vaste chantier et fait une halte – certains, comme Deleuze, ont parlé d’une crise dans sa pensée. Il faudra attendre huit ans avant la parution en 1984, l’année de sa mort, de L’Usage des plaisirs et du Souci de soi, les 2e et 3e tomes de sa recherche. Surprise : Foucault change d’approche et de terrain historique ; il se tourne vers l’Antiquité. Pourquoi ce flash-back final ?

 

Et nous dans tout ça ?

Dans la préface de L’Usage des plaisirs, Foucault s’explique : son enquête est une histoire de la « problématisation » de la sexualité : comment les individus se rapportent-ils à leurs désirs et à leurs pratiques ? Or le philosophe considère qu’antérieurement, il a (trop) focalisé son analyse sur les seuls mécanismes contraignants du pouvoir et du savoir. Il entend à présent se concentrer sur le « rapport à soi », sur la façon dont on « se constitue et se reconnaît comme sujet » de sa vie de plaisir(s). C’est ce chemin qui mène aux Anciens : ils ont pensé et mis en œuvre des « pratiques réfléchies et volontaires » permettant de se fixer des règles de conduite et de « se transformer ». De telles « techniques de soi » sont le nouveau continent à explorer.

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