Bande dessinée

Goscinny, Astérix et l'art de persuader

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Goscinny, Astérix et l'art de persuader

 

Crayonné réalisé par Albert Uderzo pour la promotion du film Astérix et Obélix contre César. Collection Albert Uderzo © 2013 Les Éditions Albert René/Goscinny - Uderzo

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La Bibliothèque nationale de France consacre jusqu'19 janvier 2014 une exposition au plus célèbre des Gaulois: Astérix. L'occasion de relire cet extrait du livre “La Vie a-t-elle un sens? Bande dessinée et philosophie”, où Frédéric Worms décrypte le “génie” de René Goscinny: la maîtrise de l'humour et un art de persuader.

La Zizanie est un des albums d’Astérix les plus révélateurs du tandem Goscinny-Uderzo. Sous le comique, le danger ; sous le danger, la ressource. Le tout exprime une philosophie des relations humaines et de ses fragilités dont le rusé méchant peut abuser jusqu’à la tragédie (Detritus confine à Iago !), mais aussi la force, et même le fondement moral, de relations vivantes que le malin héros peut restaurer sans magie. 

Voici donc Tullius Detritus, engagé par César pour semer la zizanie et « l’horrible visage vert de la discorde » parmi les Gaulois. Le bonhomme est surdoué : sans qu’il ne pipe mot, les Romains s’écharpent sur son passage. La discorde, le soupçon, la rumeur sont dénoncés à travers un comique qui se propage mécaniquement, dévastateur chez ceux dont on rit et hilarant pour ceux qui en rient. Plaisir en surface, critique en profondeur, le mécanisme comique fondamental y repose ici (comme toujours) sur le nom, Detritus, et la contagion du vert, qui gagne les mots dans les bulles.

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