Moyen-Orient / Géopolitique

Guerre en Iran : la victoire en trompe-l’œil des États-Unis

Temps de lecture : 3 min

Guerre en Iran : la victoire en trompe-l’œil des États-Unis

Le 17 juin, les États-Unis ont signé un protocole d’accord avec l’Iran. © Capture d'écran White House USA

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article est issu du numéro 201 de Philosophie magazine « Le sentiment océanique. Peut-on faire l'expérience de l’infini ? », en kiosque le 10 juillet 2026. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Le 17 juin, les États-Unis ont signé un protocole d’accord avec l’Iran mettant fin à la guerre lancée trois mois et demi plus tôt. Si Donald Trump crie victoire, la réalité est bien plus contrastée. 

 

Qui a gagné la guerre en Iran? Les États-Unis? L’Iran? Personne? Après la signature du protocole d’accord au château de Versailles le 17 juin, Donald Trump s’est félicité de « la victoire » de son pays. La lecture de ce plan en 14 points, qui pose les bases d’un accord futur devant être signé dans les soixante jours, laisse pourtant perplexe. Les États-Unis n’obtiennent de la République islamique que deux minces engagements: le respect d’un cessez-le-feu, notamment au Sud-Liban, et l’abandon de son programme nucléaire militaire avec la dilution de l’uranium enrichi. Rien, par exemple, sur les missiles balistiques, ni sur le financement de ses proxys (Hamas, Hezbollah, Houthis) dans la région. 

En revanche, l’Iran retrouve le droit d’exporter du pétrole, de contrôler le détroit d’Ormuz avec Oman, de bénéficier d’un plan de 300 milliards de dollars pour sa reconstruction et gagne, surtout, la promesse que le géant américain « n’interviendra pas dans ses affaires intérieures », blanc-seing accordé aux mollahs pour continuer de terroriser la population. Le succès militaire des États-Unis, avec une armée iranienne en partie détruite et seulement 16 soldats américains tués contre 3400 morts iraniens, semble lui-même en trompe-l’œil. Refusant de s’engager dans une guerre totale qu’il savait perdue d’avance, l’Iran s’est débrouillé pour entraîner leur adversaire dans un conflit de basse intensité, éreintant, avec, d’un côté, le blocage du détroit d’Ormuz et, de l’autre, des attaques ponctuelles contre ses voisins sunnites. 

Cet article est réservé aux abonnés